
Paris a basculé dans les teintes grises de l'hiver. En voyant les rues à nouveau se parer de loupiotes en tout genre, on se dit que les fêtes de Noël ont aussi été inventées dans le but de masquer l'effroyable solstice. Les rues s'illuminent, dédramatisent la nuit noire et poussent à la découverte de catalogues enrubannés. Dehors, les gens soulignent qu'il ne fait pas chaud. C'est dur. Vivement l'implantation de quelques minarets histoire de nous mettre du baume au coeur et de surmonter ce vilain cap.
Pendant ce temps, un peu partout dans le monde, les hommes marchent sur la tête. Dubaï, ce nouveau royaume dédié au divin superflu, à l'esclavage et aux tours phalliques, se casse plus ou moins la tronche. Le peuple du Bangladesh menace de se laisser pousser des branchies avant de finir en Atlandide. Jack Lang s'assoupit à l'Assemblée Nationale et se prend à rêver d'un projet de techno parade à Pyongyang. L'Irlande pleure son souhait de devenir un jour championne planétaire de pousse-cuir de vache dans des filets de pêche au gros (con). Obama préfère en finir avec l'Afghanistan plutôt qu'avec 60 années de conflit israélo-palestinien. Et moi, je ne sais toujours pas quelle plaque de chocolat va rejoindre mon panier Carrefour Market.
Je bloque de longues minutes devant l'immensité du rayon. Le Côte d'Or amandes caramélisées avec une pointe de sel ? Le Villars pépites de café ? Le Lindt noir aux zestes d'orange ? Le Milka lait classique, uniquement vendu par lot de 24 ? Vas pour un pack de Kinder, avec le môme en plastique qui a l'air d'avoir un cancer. A la caisse, je fais la queue en vérifiant ce que les autres clients déballent sur le tapis roulant. Alors c'est ça qui leur donne autant d'énergie pour rester éveiller dans le métro, derrière leur bureau ou devant une télé qu'ils regardent encore sans trop y croire ? Le temps de visualiser une blonde faisant usage de ses rouleaux de papier-toilette, et mon tour arrive. Une malheureuse caissière passe mes articles en grelottant de froid. L'homme mal rasé que je suis lui apporte le dernier rayon de soleil qui manquait à sa si longue journée. Une fois sa tâche principale terminée, elle ouvre grand la bouche. Une grosse araignée s'en extirpe et m'annonce la couleur des billets que je devrai débourser. Je m'exécute, saisis mon sac et lui souhaite une agréable soirée. Pas de réponse. Je marque un pas, puis je me retourne : "Le misérabilisme m'emmerde, connasse".
Let it snow, let it snow...PLAYLIST [65 MINUTES]01 Les Georges Leningrad - Missing Gary
02 Mugwump - Boutade
03 Dølle Jølle - Balearic Incarnation (Todd Terje's Mix)
04 Fontän - Nightrider
05 Tomas Dvorak - The Bottom
06 Ulrich Schnauss - Goodbye
07 Global Communication - 8:07
08 Biosphere - Kobresia
09 Pantha Du Prince - Saturn Strobe
10 The Sound - Winter
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